<?xml version="1.0" encoding="utf-8"?><rss version="2.0" xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/" xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"><channel><title>Slobodan le gentil dictateur</title><link>http://slobodan.canalblog.com/</link><description>Blog de Slobodan le gentil dictateur. Rire. Humour. Pensées intelligentes. Jeux de mots très douteux.</description><language>fr</language><lastBuildDate>Fri, 05 Sep 2008 18:40:29 GMT</lastBuildDate><generator>CanalBlog - http://www.canalblog.com</generator><item><title>Chronique d&apos;un blog qui ne veut pas mourir</title><dc:creator>Slobodan</dc:creator><link>http://slobodan.canalblog.com/archives/2008/05/28/9357805.html</link><category>TEXTES DROLES</category><comments>http://slobodan.canalblog.com/archives/2008/05/28/9357805.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://slobodan.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/9357805/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://slobodan.canalblog.com/archives/2008/05/28/9357805.html</guid><description>&lt;p&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;quot;Pourquoi, slobodan? Pourquoi ne pas nous laisser en paix? Après un an de silence de ta part, nous pensions que tu étais mort, et qu&apos;ainsi, nous pourrions enfin vivre en paix! Les enfants du village recommençaient tout juste à oser sortir jouer; les femmes avaient enfin troqué l&apos;uniforme que tu leur avais imposé - ce sac de riz en toile de jute, percé en deux endroits pour les bras et un seul pour une des jambes, afin de les empêcher de s&apos;enfuir - contre des robes ou des pantalons, en tout cas dans des vêtements qui ne leur donnaient pas d&apos;urticaire; pourquoi es-tu revenu?&amp;quot;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp; C&apos;est précisément à cause de ce relachement que j&apos;ai décidé de me manifester de nouveau au Slobodankhstan. Je le sens bien, les gens sont désoeuvrés, il n&apos;ont plus personne à craindre, ils errent dans la rue à cueillir des fleurs, à cultiver des légumes ou à jouer au ballon... Là où ils devraient passer leurs journées à courir dans tous les sens en poussant des hurlements terrifiés, et à se demander s&apos;ils vont voir la lumière du jour suivant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp; Au delà du destin des Slobodanais, c&apos;est la perspective de pouvoir me montrer cruel qui me manquait. Depuis que je suis parti, voici un an, j&apos;ai décidé de monter une communauté en plein air d&apos;animaux de compagnie: chiens, chats, cochons d&apos;inde, et toute autre peluche vivante munie de quatre pattes, d&apos;un petit museau et d&apos;un petit coeur perméable à l&apos;amour de son futur propriétaire. Ca prend beaucoup de temps, il y a beaucoup de décisions à prendre, bref, il y a des points communs avec la dictature. Mais tout de même, il y a des moments vécus en tant que dictateur que je ne pourrais pas revivre au sein de ma nouvelle communauté.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp; Par exemple, je me souviens de cette jeune villageoise que j&apos;avais recueillie - un des souvenirs les plus émouvants de mon règne: la malheureuse avait posé le pied sur une mine antipersonnelle, et était venue me voir, en larmes, me confier son désarroi et me demander son aide.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;quot;Maître, maître! Je vous en prie, aidez-moi! Je suis blessée, profondément blessée!&lt;br /&gt;- Que se passe-t-il mon enfant? Parlerais-tu de ce lambeau de chair pendant sur un os qui te sert de jambe droite?&lt;br /&gt;- Non, Maître, mais il y a un rapport. Ce matin, pour nourrir ma mère atteinte d&apos;un cancer en phase terminale, je suis allé, comme chaque matin, dans la forêt ramasser des champignons venimeux et avariés - les seuls que vos troupes royales nous laissent pour nous nourrir.&lt;br /&gt;- Avant de te laisser continuer, mon enfant, je te rappelle que si j&apos;ai fait ramasser tous les champignons sains de la région, c&apos;est à cause des retombées radioactives de l&apos;essai nucléaire que j&apos;ai fait effectuer au-dessus de ton village. Je trouvais inhumain de te laisser, à toi et à ta famille, un espoir de survie en te permettant de te nourrir, alors que, de toute évidence, vous êtes tous condamnés. Que ne m&apos;aurait-on dit, si je vous avais fait vivoter en vous nourissant sainement! J&apos;entends d&apos;ici la critique de la communauté internationale: &amp;quot;gnagnagna, Slobodan se moque du monde en faisant mine de s&apos;occuper de sa population, gnagnagna, il joue les père noël en les nourissant, alors qu&apos;il les irradie un jour, avant de les exploiter le lendemain dans son camp de travail, gnagnagna, nous on applique les droits de l&apos;homme, gnagnagna, nous on est des tapettes, gnagnagna.&amp;quot; Non, moi, je suis quelqu&apos;un de droit. On peut dire ce que l&apos;on veut de ma personne, mais pas que je serais capable de mentir à mes protégés. Vous êtes pour la plupart irradiés à un niveau qui ne vous permettra pas de survivre à la nouvelle année, ce n&apos;est pas moi qui essayerais de faire de la désinformation en vous faisant croire qu&apos;il vous reste une chance. De toutes façons, je serais bien idiot d&apos;essayer de vous duper, puisqu&apos;il vous suffit de vous regarder dans la glace et de compter vos affreuses pustules pour réaliser que vous n&apos;en avez plus pour longtemps.&lt;br /&gt;- Je sais tout cela, Maître, vous faites beaucoup pour nous, et tous mes cousins ont conscience de votre immense générosité -le plus jeune, Vincent, me le disait encore ce matin, juste avant de cracher un gros caillaux de sang et de mourir-; je ne mentionnais les champignons venimeux que par souci du détail.&lt;br /&gt;- Brave petite. Poursuis donc.&lt;br /&gt;- Eh bien voilà: en me penchant pour en attraper un beau (il avait trois têtes et deux jolis boutons jaunes et verts sur la tige), mon pied s&apos;est posé sur une mine anti-personnelle, avec, entre autres, la conséquence que vous voyez.&lt;br /&gt;- Je le vois, en effet. Et donc?&lt;br /&gt;- Il y a une chose que mon orgueil ne supporte pas. C&apos;est que les mines, pour lesquelles nous n&apos;avons déjà que peu de sympathie, se permettent d&apos;être aussi anti-personnelles. Je vous jure, Maître, que vous n&apos;avez pas idée de ce que c&apos;est, de se faire exploser une jambe sans la moindre considération, comme si l&apos;on était anonyme, comme si l&apos;on n&apos;existait pas. C&apos;est un contact très impersonnel. Je me sens humiliée.&lt;br /&gt;- Je comprends, mon enfant. Ton histoire m&apos;a ému. Aussi, je te promets de faire retirer toutes les mines anti-personnelles de notre territoire, jusqu&apos;à la dernière! Dorénavant, chaque mine sera personnalisée. Avant d&apos;exploser, l&apos;engin pourra détecter, à l&apos;aide d&apos;un petit implant posé à la naissance, l&apos;identité du propriétaire du pied qui l&apos;aura enclenché. Ainsi, son nom retentira intelligiblement avant l&apos;explosion, évitant ainsi toute vexation.&lt;br /&gt;- Merci, Maître. Je vous aime.&lt;br /&gt;- Ah non, tu te trompes, petite. Ce n&apos;est plus &amp;quot;je vous aime&amp;quot; qu&apos;il faut me dire pour me saluer.&lt;br /&gt;- Ah bon? Ca a changé?&lt;br /&gt;- Oui, la semaine dernière. Tu ne l&apos;as pas lu au Journal Officiel?&lt;br /&gt;- C&apos;est que, mon Maître, nous n&apos;avons pas accès à la presse ni aux librairies, ni aux bibliothèques, dans notre village. Et de toutes façons, notre vue est devenue trop mauvaise à cause des glaucômes, qui apparaissent dès 12 ans. Comment faut-il donc vous saluer, désormais?&lt;br /&gt;- &amp;quot;Je vous aime, &lt;em&gt;Maître&lt;/em&gt;.&amp;quot;&lt;br /&gt;- Je vous demande pardon, Maître. Pouvez-vous me rappeler les modalités d&apos;expiation des fautes? S&apos;agit-il toujours du suicide par choc céphalique mural?&lt;br /&gt;- Non, Dieu merci, nous avons assoupli cette disposition. Tu as désormais la possibilité d&apos;opter pour une autre méthode. Tu vois ce puits?&lt;br /&gt;- Oui, Maître.&lt;br /&gt;- Au fond se trouve une dizaine de pics rouillés et enduits d&apos;acide, qui t&apos;offriront une mort flamboyante.&lt;br /&gt;- Oh, merci, Maître! Je vous aime, Maître.&amp;quot;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp; Je me souviens encore de la joie de cette petite, rampant en direction du puits, son visage pustulé recouverts de larmes de gratitude. Ce sont là des choses que l&apos;on ne vit plus, quand on a quitté le trône. Evidemment, je pourrais tout à fait miner un champ de patates et lâcher quelques lapins en attendant la pluie de poils et de sang. Mais le lapin ne geint pas - ou alors, très peu-, ce qui rend l&apos;événement un peu plat. Le lapin miné est à la victime ce que la soirée de la palme d&apos;or à Cannes est aux cérémonies de remise de prix dans les festivals de film.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp; Bref, tout ça pour dire que la dictature me manque. Pour autant, je sais l&apos;énergie que prend la cruauté à temps plein; aussi, je ne vous promets pas d&apos;être aussi présent que lors de mon précédent règne, mais je jure devant moi-même que plus jamais je laisserais mes ouailles livrée à elles-mêmes, sans raison de mourir.&lt;/p&gt;</description><pubDate>Wed, 28 May 2008 15:06:21 GMT</pubDate></item></channel></rss>