Slobodan le gentil dictateur

Blog de Slobodan le gentil dictateur. Rire. Humour. Pensées intelligentes. Jeux de mots très douteux.

22 juin 2007

Jouissons! Euh... Détendons-nous !

Non, je ne parle pas de cette détente qui nous pousse à nous affaler, rassasiés d'activité cérébrale, sur notre canapé devant Qui veut gagner des Millions ?.

Je ne parle pas non plus de la détente de Yannick Noah, qui, avant de se transformer en sifflet asthmatique, était un véritable ressort humain sur les courts.

Je ne parle pas non plus de la détente du flingue de Clint Eastwood dans les films de l'Inspecteur Harry, mais là, ça commence à devenir vraiment bof, ce que je raconte, alors arrêtons-nous là, si toutefois vous le voulez bien, ce dont je ne doute pas, car je vois bien que vous commencez déjà à vous inquiéter de la tournure que prend cette phrase, son auteur étant réputé pour faire durer inutilement ses [terme technique pour désigner la phrase dans le jargon grammatical - aidez-moi, merde!], mais rassurez-vous, c'est terminé.

Si vous êtes de bons lecteurs, vous avez lu chronologiquement mon blog, et donc vous venez de vous farcir une bonne prise de tête comme il m'arrive rarement d'en faire - ce sentiment de privilège dont vous vous sentez dégouliner à la lecture de mes pensées est donc fondé. Si donc vous venez de lire mon texte faisant état d'un vague vague à l'âme, mais alors vraiment très vague, vous êtes sans doute vaguement déprimés. Il convient donc de nous détendre en nous affranchissant de cette inquiétude.

Et quoi de mieux que le sexe pour se changer efficacement les idées, hmm ??

Voici donc mon numéro de téléphone : censuré par canalblog - erreur surchauffe du serveur - trop de connexxions - en plus connexion ne prend qu'un x bande de nazes

Enfin, comme j'ai parfaitement conscience que je n'aurais pas les moyens physiques de toutes vous satisfaire ce soir, je vais en complément partager avec vous ma modeste connaissance de la jouissance féminine.

Je sais, si vous êtes une femme, vous vous dîtes sûrement, "non mais pour qui il se prend, ce petit con de serbe." D'abord, je ne suis ni con, ni serbe, je suis Slobodan. Je suis mon propre pays, et j'ai ma propre connerie, qui ne répond pas non plus à tes critères traditionnels, populace de mon coeur. En outre, j'ai connu de très près une fille qui n'a découvert la jouissance que bien des années après sa première fois (et non, pas grâce à moi), ce qui prouve bien que même les expérimentées ont des choses à apprendre. Alors humilité, je vous prie... La modestie est mère d'ouverture d'esprit, qui se trouve être la grande soeur de la découverte du plaisir, comme nous allons le voir.

On parle souvent de plaisir "vaginal" et de plaisir "clitoridien" en les opposant... A mon sens, c'est un tort.

Moi, je parlerai plutôt de jouissance "clitoris" et de jouissance "point G", qui elles, semblent être réellement différentes l'une de l'autre, et constituent en tout cas, de mon point de vue, le véritable différenciateur de plaisir. En clair, ce n'est pas la pratique, mais la zone qui change le ressenti.

Les origines du plaisir dit "vaginal", et qui correspond à la pénétration, peuvent, il me semblent, être doubles, c'est-à-dire à la fois provenir d'une stimulation "clitoris" et d'une stimulation "point G".

Ces deux types de jouissances peuvent évidemment être énormément amplifiées par l'aspect psychologique et fantasmatique du sexe, mais pour des raisons de clarté, je m'en tiendrai à l'aspect purement mécanique de la jouissance.


1 - La jouissance "Clitoris"


Elle est provoquée par le frottement digital ou buccal de ce petit morceau de chair plus ou moins proéminent situé juste au-dessus de l'entrée du vagin, entre les lèvres. Ce frottement peut devoir durer plusieurs minutes avant de provoquer le moindre effet - ce qui explique que certaines femmes n'ayant jamais poussé leur curiosité au-delà de la recherche de l'effet immédiat passent toute leur vie sans connaître la jouissance, ni même l'envie sexuelle. D'après plusieurs témoignages croisés, dont une connaissance personnelle, la découverte de la masturbation suivie de plaisir peut être un déclencheur total de la libido. Et sur la fille que je connaissais, ç'a été le jour et la nuit, l'avant/après d'une pub de lessive ! Moralité: même si vous n'en avez pas envie, essayez!

Le frottement de la zone clitoridienne peut également se produire au cours de certaines formes de pénétration, et constitue l'une des sources du plaisir vaginal. Une autre de ces sources est la sensation de pénétration pure, l'impression d'être "remplie" parfois rapportée mais pas toujours ressentie. Mais il existe une troisième source du plaisir vaginal, à mon sens la plus remarquable :


2 - La jouissance "Point G"

 

Voilà un concept qui a fait couler beaucoup d'encre. Certains le confondent avec le clitoris (ne riez pas, c'est vrai), ce qui peut s'expliquer par l'aspect localisé de ces deux jouissances. Mais le point G est bien une autre zone érogène, située à un autre endroit.

Le point G est une zone d'environ 2 cm² située sur la paroi interne du vagin. Je vous fais un plan: en entrant, c'est à 10 cm vers le haut, si la femme est sur le dos. Entre le nombril et l'entrée du vagin donc.

Il peut être stimulé par le sexe masculin pendant certaines pénétrations, notamment pendant l'Amazone, pour peu que la femme se penche vers l'arrière: à califourchon sur l'homme, face à lui, elle devra tenter de regarder de le plafond; ainsi inclinée, elle devrait permettre au sexe de frotter sur le point G, chose irréalisable dans le cas d'une levrette (prise par derrière).

Mais la façon la plus efficace de stimuler le point G, et de très loin, est la stimulation digitale. Pour ce faire, il convient de former un début de crochet avec son index et son majeur, et de l'insérer vers le haut si la femme est sur le dos. Cette technique permet une stimulation plus précise et surtout plus forte. Ainsi, si vous faites preuve d'assez de ténacité, les conséquences de cette stimulation s'avéreront étonnantes.

En effet, tout le monde ne le sait pas, mais mes observations répétées me permettent d'affirmer qu'une stimulation suffisamment insistante du Point G provoque un écoulement s'apparentant à une abondance de "mouille"; c'est l'éjaculation féminine! Elle sera plus ou moins importante et violente d'un individu à l'autre, mais je suis formel: les femmes fontaines n'existent pas... Vous êtes TOUTES des femmes fontaines!

Cette technique de pénétration digitale crochetée est plus difficile à exercer sur soi-même, et ce pour des raisons d'angle. Mais compte tenu de la réaction des sujets concernés, je ne saurais trop vous conseiller d'essayer de vous montrer suffisamment courageuses pour tenter l'aventure; ne serait-ce que pour me prouver que j'ai tort !

Posté par Slobodan à 23:03 - TEXTES INTERESSANTS - Commentaires [6] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Le calme avant l'hypothétique tempête

Comme je viens de le lire sur un blog ma foi sympathique pour tout le monde à part les femmes hétéro (http://aliceplay.mon-blog.org), les gens heureux n'ont pas d'histoire à raconter. Et tant que j'y suis, on ne parle pas non plus des trains qui arrivent à l'heure.

 

Et ça ne rate pas: il y a quelques années, j'avais plein de trucs à raconter. Les frustrations, les occasions manquées, les plans foireux: bien mis en scène, ce genre d'événements peut s'avérer très marrant à lire.

 

Mais aujourd'hui, force est de constater que mes trains sont tous à l'heure; certes, j'ai quelques articulations qui font grève, mais rien qui pourrait vraiment paralyser le pays. Depuis deux mois, je bosse dans une boîte pas trop mal, avec un job que j'assume très bien, et dans lequel j'assure pas mal. Je m'entends bien avec mes collègues, je ne suis pas mécontent d'aller bosser le matin et de revenir le soir avec le sentiment agréable du travail accompli, qui me permet de passer le reste de mon temps avec un portefeuille colmaté et une conscience tranquille.

 

Cerise sur le gâteau, la dernière grosse interrogation de ma vie d'adulte s'est évaporée: non, je ne suis pas un martien incapable d'envisager sa vie avec quelqu'un, oui, je suis capable de sacrifices qui me font plaisir car consentis pour l'être aimé, non, je ne suis pas un éternel Chandler. Et pourtant, j'étais vraiment sûr d'en être un.

 

"Mais" me direz-vous, "si tu es en train d'écrire, c'est que tu as un truc à raconter, et donc que tous tes trains ne sont pas à l'heure !"

 

Ce que vous pouvez être tatillons... Mais comme il se trouve que je vous avez raison, je vais vous répondre quand même. Effectivement, ça va très bien. Mais pour être hédoniste dans l'âme, j'ai aussi en moi une part d'humilité éternelle qui me poussera toujours à me méfier pour ne pas sombrer dans le triomphalisme. Mes parents m'ont appris à garder la tête froide, ce que mes quelques échecs ont fini de cristalliser dans mon cerveau.

 

Ma méfiance est ici: cela ne va-t-il pas trop bien ? Ne suis-je pas guetté par la douce tentation du roucoulement du pigeon, qui, tranquillement posé sur sa branche, n'a pas conscience du temps qui passe et le rapproche de sa fin? Bref, pourrais-je m'endormir, et donc vieillir trop vite?

 

Je n'ai pourtant pas de raison factuelle de m'inquiéter. Je suis avec une fille de 20 ans, pétante d'énergie; elle me pousse à faire des trucs que je n'aurais pas fait sans elle, ou que mes précédentes relations m'avaient persuadé que je n'avais pas envie de les faire. Pourquoi s'inquiéter?

 

Mais qu'est-ce que vous venez m'emmerder avec ces questions, là? Une inquiétude, ce n'est pas forcément rationnel!

 

Et si, de même qu'elle me rajeunit, j'allais la vieillir ? Peut-être vais-je lui sucer son énergie vitale! (je sais qu'à la lecture de cette phrase, certains feront "gnnnnnnnnpasdejeudemoooooots")

 

En même temps, avec ma pesanteur, je peux aussi lui transmettre ma sagesse; mais en a-t-elle besoin? La déraison n'est-elle pas un formidable nectar dont il convient d'empêcher l'épuisement le plus longtemps possible ?

 

Allons, allons... Ce n'est pas logique, ce que je raconte. Je suis plus révolutionnaire que jamais! Ces derniers temps, j'ai aboli deux de mes grands principes, pourtant marqués en lettres de feu sur l'étendard que je brandissais depuis bien des années: pas de différence d'âge, et chacun chez soi.

 

Non, pour le moment, vraiment, tout va bien. Mais que voulez-vous... Il faut bien s'inquiéter de quelque chose... Sinon, les cowboys ne diraient jamais:

 

"C'est calme... Trop calme!"

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09 septembre 2006

Un homme se livre

Il est 3h20 du matin. Ah, mince, si je mets l'heure qu'il est maintenant, vous pourrez déduire par l'heure du post le nombre invraisemblable de minutes dont j'ai besoin pour écrire un pauvre texte, le premier en une dizaine de jours qui plus est. A ce sujet, merci à ceux qui ont témoigné leur sympathie en ces temps de débauche alcoolique et sexuelle, qui laisse bien peu de place à l'épanchage virtuel.

Oui, je dis épanchage, non pas pour m'attirer les foudres d'une foule de fous académiciens, qui alors se fourvoieraient en essayant de me cultiver par quelque remarque désobligeante sur ma façon très personnelle d’exprimer le concept en question, mais pour annoncer le ton de ce texte, qui, comme l'annonce le titre d'une façon un peu Gala, voire Paris Match, encore que l'on pourrait aisément penser qu'il s'agit là de l'annonce plus commerciale d'un homme qui, lassé de son activité dans la société française, a décidé non seulement de se vendre à grande échelle, mais en plus, de venir sonner à la porte de ses acheteurs pour leur éviter d'avoir à se déplacer dans leur supermarché local, alors que, bon sang de bois, quelques kilomètres, ce n'est tout de même pas si cher payé pour avoir un Slobodan chez soi, merde (des jouets aussi polyvalents, il n'y en a pas tant que ça. Vous avez déjà vu des Playmobil inculpés pour violations des coutumes de guerre, ou un lego de crimes contre l'humanité ? Non, je ne crois pas ! Alors un petit effort, merde) contient une révélation importante sur la personnalité de votre serviteur.

Sur quoi vais-je donc m'épancher ? Question ma foi fort légitime à cette heure-ci de la soirée, tout autant qu'elle le serait à n'importe quelle autre heure d'ailleurs, et à laquelle, quoi qu'il en soit, je me ferai une joie de répondre dès que cette phrase semble-t-il interminable sera terminée. Ah ! Voilà qui est fait.

EPANCHAGE

Je reviens d'un dîner avec une ex que je n'avais pas revu depuis 4 ans. Et je m'aperçois en écrivant cette phrase, qu'il y a quelques années, j'aurais trouvé cette phrase hyper classe. Ah, c'est bon de se la péter un peu, avec le recul... Tous ces mecs que j'ai maudit à me parler de leur ex... "Oui, connard, parle-moi de tes ex, moi j'ai même pas une actuelle et je t'emmerde." Mais nous nous égarons.

Après un long repas de discussion, nous sommes arrivés à la conclusion que, pour qu'elle cesse d'être en situation de paumage, cette jeune fille doit :

- coucher avec un ami qu'elle connaît depuis 10 ans,

- coucher avec une fille.

Bon alors évidemment, lu comme ça, ça donne vraiment l'impression que je ne suis qu'un vieux pervers tachant de prodiguer la parole la plus vicieuse dans toutes les couches sociales de France. "Mais vous êtes fous", vous attendez-vous à m'entendre hurler en rythme avec un chapeau de garde forestier canadien et un drôle d'accent. Eh bien, non, je n'irai pas jusqu'à dire ça, puisque, de toute évidence, je suis en effet un pervers. Néanmoins, le dérangement non momentané de mon esprit n'est pas la seule raison de ces conseils en apparence simplement détraqués; il y a en effet également, pour justifier ces directives, le fait que tout un tas d'incertitudes viennent pour le moment perturber l'évolution de cette jeune fille : est-elle amoureuse de son meilleur ami ? Est-elle bi ? etc.  Or, j'ai tendance à penser qu'en cas de doute entre l'action et l'inaction, il faut plutôt pencher pour l'action. En effet, l'on vit plus facilement dans le remords que dans le regret. Car dans ce dernier sentiment, il y a une dimension d'incertitude sur les conséquences de l'action qui n'a pas été entreprise, incertitude que l'on peut, à son crépuscule, payer par le désespoir le plus inconsolable.

Exemple : Gédéon Gantrézéfikass se demande ce que ça lui ferait de manger un pruneau. Seulement voilà, il a entendu parler des vertus vigiliennes d'expulsion du fameux fruit. Dès lors, il hésite à manger ce pruneau, pourtant si beau, avec ses rides et sa peau toute collante. Deux choix s'offrent à lui :

CHOIX NUMERO 1 - Ne pas manger le pruneau. Dès lors, il mourra sans savoir si le pruneau lui aurait fait plaisir, et, sur son lit de mort, il pensera "mais mince, si je mangeais un pruneau, là, maintenant, peu m'importerait qu'il puisse accélérer mon transit intestinal, puisque j'ai peu de chances de vivre jusqu'à ma prochaine chasse d'eau. Seulement voilà, maintenant, il est trop tard; d'une part, je suis cloué à mon lit, incapable d'aller acheter le moindre pruneau; en outre, toute ma famille est autour de moi, à me regarder d'un air attendri, déjà nostalgique des moments que nous avons vécus ensemble, cherchant à voir encore ce qu'il y a de beau en moi pour garder une belle dernière image de leur arrière grand-père. Ils ont tous les larmes aux yeux, et attendent de ma bouche tremblante les derniers mots poignants d'une vie qui aura vu défiler tant d'événements tragiques et merveilleux. Alors évidemment, si je leur demande bêtement un pruneau, je risque de passer pour un con. Insensible, qui plus est. "Gnagnagna, grand-papy Gédéon, tu crois vraiment que c'est le moment ? Un peu de dignité, voyons !" Ah, si j'avais réalisé plus tôt qu'un jour, mes priorités changeraient au point que le désir d'un pruneau soit en tête de cette liste, je n'aurais pas hésité lorsque je fis face à ce fameux fruit... Quel con !"

CHOIX NUMERO 2 - Manger le pruneau. Dès lors, on peut diviser cette hypothèse en deux sous-catégories :

A - Manger le pruneau et trouver ça bon. Dans ce cas de figure, Gédéon a bien fait de goûter le pruneau, aucune discussion possible.

B - Manger le pruneau et trouver ça dégueulasse. Gédéon s'en mordra certainement les doigts, d'autant que, lorsque l'on lui avait parlé des effets laxatifs du fruit, il avait fait son beau, en prétendant qu'il en avait vu d'autres, pendant la guerre d'Indochine. "Nous, les petits gars, on bouffait des yeux de viêts à midi ! Et c'est pas ça qui m'avait filé la turista ! Vous, les jeunes, on vous file des macdo en pleine jungle... Allez, filez-moi ce pruneau ! Non, Ghislaine, pourquoi veux-tu que j'attende un peu avant d'aller marcher en forêt ?" Mais même de retour de sa marche, l'air penaud et son pantalon de camouflage à la main, Gédéon n'aura pas de regret. Il saura maintenant que le pruneau est mauvais, et qu'il ne vaut donc pas le coup d'alourdir le budget lessive de la maison. Il a certes vécu un moment difficile, mais il sait qu'il ne se demandera plus jamais si les pruneaux sont bons.

Le pruneau est un souci de moins dans sa vie, et il me semble qu'une minute de honte devant sa femme est toujours plus facile à effacer par encore quelques années de bonne vie, que quelques derniers mots chiants et minables prononcés devant toute sa famille.

Tout ça pour vous dire, mes chers amis, que je n'aime pas le pruneau. Oui, bon, d'accord, je n'en ai jamais mangé, mais avouez que ça a vraiment une sale gueule, ce truc, mais de toutes façons ce n'est pas le sujet, ne venez pas me chercher des noises. L'important, vous l'avez deviné, c'est d'agir, car bien souvent, on a pas le temps de réagir avant qu'il ne soit trop tard.

Ainsi, cette fille, avec qui, je vous le rappelle, j'ai dîné, saute de relation en relation depuis des années en passant régulièrement par la case "Et si mon ami Axel était LE bon ?" Elle se dit qu'elle tentera peut-être la chose quand les conditions seront optimales, mais il y a toujours une bonne raison pour ne pas le faire. Soit elle est embourbée dans une vieille relation de cul sans intérêt, soit elle a l'impression qu'en ce moment il n'a pas la tête à ça, blablabla. Seulement à force de se dire que l'occasion viendra, elle se retrouvera peut-être mariée en se posant toujours la même question.

D'où mon conseil, prodigué au beau milieu du restaurant avec force discrétion et élégance : "MAIS BAISE-LE, QU'ON EN FINISSE !!"

Notez que je suis quelqu'un d'altruiste. En effet, tel conseil n'entre pas dans le cahier des charges du mec hétéro obsédé par la conquête sexuelle, puisqu'en me mettant à jouer les psys, de bas étage peut-être, mais ça ne veut rien dire, beaucoup de praticiens travaillent au rez-de-chaussée pour la simple et bonne raison que c'est plus pratique pour les clients, d'abord, en tentant de l'aider à résoudre ses problèmes, je me mets en retrait par rapport à sa vie sexuelle. Ce qui est en contradiction totale avec mes pulsions premières. Ce qui est une excellente nouvelle ! Cela veut dire que, si j'ai décidément beaucoup de mal à sortir de mon personnage de mec hétéro frustré, je m'améliore.

Ne vous méprenez pas sur les motivations qui m'ont poussé à retrouver cette fille; je suis venu avec les meilleures intentions du monde, avec dans l'idée de la retrouver, de parler avec elle, d'évoquer le passé pour aplanir les choses et boucler une boucle. Ce qui a été fait, avec un brin d'émotion. Mais une fois que ça a été fait, je suis retombé dans mon travers historique, à savoir l'obsession. Elle a beaucoup parlé, de tout un tas de trucs; religion, politique, études, boulot, amour, amitié. J'ai fait tout ce que j'ai pu pour écouter, et la plupart du temps, j'y suis parvenu. Mais si l'on fait les comptes, j'ai dû passer 55 % du temps à l'écouter, 20% du temps à attendre la fenêtre pour placer une allusion salasse mais néanmoins subtile, et le reste du temps à essayer de me retenir de faire tout ce qui était en mon pouvoir pour lui faire comprendre que je l'aurais bien baisée une fois de plus. Mais il faut savoir se montrer adulte. Je suppose.

Et c'est là que je me livre, chers amis. Quand je parle à une fille, j'ai forcément l'une des trois pensées suivantes se frappant la tête contre l'intérieur de ma paroi céphalique:

- Comment faire pour la mettre dans mon lit ?

- Comment faire pour qu'elle ne termine pas dans mon lit ?

- Tiens, Maman est bien coiffée aujourd'hui.

Oui, je sais. C'est grave. Je m'attends principalement à des réactions de dégoût, voire d'agression. En revanche, j'ai un espoir : celui que, depuis leur nuage bloggosphérique, quelques mecs viennent me dire "Bravo Slobo d'avoir osé dire ce qui se passe dans ma tête !"

Aux autres, je dirais... Fuyez !! Fuyez tant qu'il en est encore temps !!

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16 août 2006

Je suis intéressant, merde

Les gens heureux me font chier, quand je ne suis pas la raison de leur bonheur. Je ne supporte pas de ne pas être concerné par quelque chose d'intense. Quand je lis, sur un blog ou ailleurs, un témoignage, une pensée, un sentiment de son auteur, un truc fort, j'ai envie d'être concerné. La plupart du temps, à défaut de pouvoir faire autre chose, je laisse un commentaire poli du style "j'ai rien à dire, mais je te témoigne ma sympathie". Alors que je voudrais dire : "Je veux être la personne dont tu parles. Je voudrais que tu revives le moment que tu as décrit, mais, cette fois, avec moi. Je veux être toi pour vivre ce que tu as vécu, ressentir ce que tu as ressenti, et témoigner à ta place. Je veux être le mec qui était là, la fille qui était là, et je veux aussi être le banc sur lequel ça s'est passé. Je veux rédiger ton blog à ta place."

J'aimerais pouvoir penser qu'on peut très bien raconter sa vie dans le détail, sans même faire l'effort de rendre son témoignage accessible aux autres, avec l'intime conviction que ça intéressera quand même la terre entière. Je veux pouvoir insérer une photo de deux personnes avec un commentaire incompréhensible par M. Lambda (non, pas M comme Monsieur Lambda, mais M comme Mamadou Lambda; c'est un africain très banal), tout en donnant l'impression qu'il y a quelque chose à comprendre.

J'aimerais me foutre d'être intéressant, drôle, admirable, cohérent. Mais vous le voyez dans le paragraphe ci-dessus, même quand j'essaye, je n'y arrive pas. Je suis incapable de rester mystérieux. J'ai la conviction que si je n'emballe pas mes plus grandes qualités dans un joli papier cadeau, les gens vont passer à côté de moi, ce qui serait un sacré gâchis étant donné que je suis très intéressant. Je ne plaisante même pas.

A 26 ans, je commence tout juste à savoir quelle image je projette sur les gens. Ce qu'ils pensent de moi. C'est chouette, ça me permet de sélectionner les seules qualités qui me mettent en valeur aux yeux des autres, en cessant de me prendre la tête pour les autres.

Non, ce texte n'aura ni milieu, ni début, ni fin, ni logique, ni propos central. Car j'essaye de briser un peu la machine. Merde, du coup, le voilà, le propos central. Bordel de bordel !

Je reviens d'un blog d'une fille de 15 ans, dont voici le lien : http://pinkyfairy.canalblog.com/archives/2006/06/29/2201754.html

Bon, vous pouvez deviner au premier coup d'oeil que je suis tombé sur ce site en cherchant la recette des pâtes au pistou.

Regardez-moi ces photos. D'abord, ils sont je ne sais pas combien, et on dirait qu'ils sont comme les doigts de la main. Ils ont l'air de ne pas se prendre le chou. Ils ont 15 ans, et nom d'un chien, comment se fait-il qu'ils soient tous beaux ?? Moi, à 15 ans, je me prenais le chou et je dégageais toute la fébrilité inhérente au manque de confiance en soi et si nocive pour la popularité. Le contraire de la cool attitude; même en colonie de vacances. Surtout en colonie de vacances... Ils ont l'air de vivre ce que j'aurais aimé vivre, à savoir des vacances où l'on ne se prend pas la tête, où l'on transgresse, avec l'inconscience, c'est-à-dire la croyance qu'on est pas en train de jouer son avenir à chaque seconde, à chaque action.

La bloggeuse, blonde, semble bisexuelle. En tout cas elle a l'air très proche d'une autre blonde, et à lire ses commentaires, on dirait bien qu'il s'agit de bien plus qu'une amitié. Elle a 15 ans, elle ne se prend pas la tête, elle embrasse des garçons, elle embrasse des filles. Elles sont mignonnes toutes les deux hein ? C'est vrai. C'est sans doute la seule chose qui devrait me traverser l'esprit. Mais non, moi, ce que je pense, c'est qu'à 15 ans, je n'aurais jamais pu embrasser une fille si j'en avais été une, quel que soit mon degré d'envie. Je suis jaloux, je lui en veux de vivre ça alors que je n'ai jamais été ne serait-ce qu'à cent lieues de faire un truc pas permis. Je n'ai jamais eu l'impression de faire un truc de dingue. A 15 ans, j'étais déjà bien trop formaté pour ça.

La bonne nouvelle, c'est qu'apparemment, je fonctionne à l'envers. Là où beaucoup rentrent dans le rang en vieillissant, moi, je deviens inconscient avec les années. La mutation est lente, très lente, mais elle s'opère. Je me mets à transgresser des règles. L'autre jour, j'ai tiré sur la clope de mon interlocutrice. Par trois fois. Je ne fume pas et m'en fais un principe depuis mon adolescence. J'ai inhalé et avalé la fumée de façon à ressentir en mon corps le plus de nocivité possible.

Je lui ai dit que sa bouche me faisait bander alors que c'était beaucoup trop tôt.

Je lui ai expliqué qu'elle aurait beaucoup plus de succès si elle arrêtait de parler autant et si vite. Elle était sexy, mais elle piaillait sans cesse pour occuper l'espace sonore de peur de laisser le temps à l'autre de lui parler, et, potentiellement, de lui dire quelque chose, forcément autre chose qu'un compliment, puisqu'elle n'était pas belle, pas intelligente, pas drôle. Enfin c'est ce dont elle est intimement convaincue, à l'intérieur.

Je lui ai demandé de me montrer un sein.

Je devais juste regarder, mais je l'ai pris dans ma main.

J'ai demandé à une fille de se prendre une photo d'une façon dont je savais pertinemment qu'elle ne lui plaisait pas; uniquement parce que ça m'excitait.

Je n'ai pas recontacté une fille avec qui j'avais déjeuné. Je ne lui ai donné aucune nouvelle.

J'ai dit à mon guitariste que s'il ne bossait pas plus, j'allais le virer.

J'ai marché pieds nus sur les trottoirs dégueulasses du 11ème arrondissement.

Je me suis allongé sur le sol d'un bar pour me débloquer une vertèbre.

J'ai traversé la piste de danse pour aller d'un bout à l'autre de la pièce alors que j'aurais pu faire un détour.

J'ai proposé un trio à une fille que j'ai vue une fois il y a un an.

J'ai poursuivi dans la rue une cliente pour lui demander de dîner avec moi.

J'ai pissé dans la rue.

J'ai dragué l'opticienne.

Je pisse dans ma douche.

Je me suis approché de l'oreille d'une inconnue qui était à la table d'à côté pour lui susurer "vous êtes très jolie" avant de me barrer.

Je pisse dans la piscine.

J'ai dit à une militante d'Act Up que j'allais voter Sarkozy.

Je vous dis que je suis pour Sarkozy.

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21 juillet 2006

Poc et plouf

En ce moment, ma vie est faite de POC et de PLOUF.

1 -  PARTIE RIGOLOTE ET DIVERTISSANTE

Je sais, pour vous ce n’est pas très clair, mais pour moi, ça l’est. «Et alors, connard, pourquoi on vient te lire nous si y a rien à comprendre ?»

Vous avez parfaitement raison de râler. A partir du moment où l’on met des textes en ligne, on se doit d’y insérer au moins un peu de matière consommable par le premier venu, sans quoi il ne sert à rien de rendre ses écrits publics. Aussi dîtes-vous bien, à chaque lecture d’un de mes textes, que j’ai toujours pour but principal de divertir l’inconnu et le connu, c’est-à-dire vous, si donc vous lisez quelque chose dont vous n’avez pas l’impression qu’il a été mis là pour que vous le compreniez, détrompez-vous ! C’est qu’il y a une explication qui arrive derrière. Le problème avec moi, vous l’avez peut-être déjà remarqué, c’est que j’ai une très légère tendance à la tartine, ce qui fait qu’il se peut que vous deviez patienter plusieurs paragraphes avant d’être éclairés sur ce que je voulais vous dire. Donc, comme disait Ellen Ripley dans les couloirs de la base sur LV6-24, face à la victime d’un alien sentant le monstre grandir en lui et lui demandant de l’achever : « Mais un peu de patience, bon sang ! Qu’est-ce que c’est que cette société où les gens veulent tout, tout de suite ? »

Vous aurez noté que je mets systématiquement un espace avant les points–virgules, les points d’exclamation et les points d’interrogation. Je suis tout à fait au courant de la faute qui est la mienne. Mais voyez-vous, je trouve que cet espace est salutaire, tout comme il l’est bien souvent dans le couple, mais ça c’est un autre débat que je m’efforcerai d’aborder ailleurs, car je sens tout à coup comme une raideur chez vous due à l’accumulation fatigante de mes digressions. Bref j’aime cet espace, il rend les phrases plus légères, plus aériennes. Et c’est justement pour ça que je suis devenu dictateur : pour être au-dessus des lois. Faire ce que je veux. Quel pied ! A l’origine, ma seule ambition était d’ailleurs d’écrire des courriers officiels, avec le tampon de la Serbie, et tout, AVEC des espaces ! Le trip… Et puis, bon, de fil en aiguille, vous savez ce que c’est, on se prend au jeu, on s’habitue  à profiter des petits privilèges inhérents à la fonction, et avant de dire ouf, on se retrouve à signer des arrêts de déportations. Bon, quoi, j’ai profité de la vie, cela méritait-il vraiment d’être déféré devant le tribunal pénal international ? Je vous le demande !

Cette 1628ème parenthèse étant à présent terminée, je vais mettre un terme à votre souffrance en vous achevant d’un bon coup de lance-flammes. Euh, attendez, non ; à vous, je dois dire ce que j’entendais par POC et PLOUF – ah, putain de cerveau, il m’en aura joué, des tours celui-là ! Je ferais peut-être mieux de me débarrasser de ce lance-flammes, il en a déjà assez fait comme ça. Qu’est-ce que je vais bien pouvoir en faire… Peut-être sur E-Bay ?

Que signifient POC et PLOUF ? Très simple : la liberté.

2 – PARTIE PRISE DE TETE ET INTERESSANTE

Voyez-vous, en m’approchant physiquement du rebord de la piscine, voici quelques minutes, je me retrouve mentalement au bord d’un nouveau paysage, celui, en quelque sorte, d’une nouvelle vie. Des milliers de litres de possibilités. Comme attiré par les promesses d’autant de petits plaisirs promis à ma destinée, je me laisse tomber avec une passivité volontaire. De tout mon poids, j’heurte l’eau, bras en avant tout de même, pour ne pas me faire mal (control freak jusque dans la tentative d’abandon). Guidé par la trajectoire de mon corps penché, je fais un tour complet, sans forcer la manœuvre, me retrouvant assis au fond de la piscine.

Là, des tas de sensations se manifestent. Le vide qui s’engouffre sous mon ventre pendant la chute, l’écart de température réveillant ma peau (minime, l’écart… 30 degrés dedans, 35 dehors. Quelqu’un aurait-il envie de me tuer par hasard ? Il se trouve justement que je loue des machettes ; 4,95€ la minute, tarif imbattable !), le renversement quand je passe de la tête en bas au cul par terre, les milliers de petites bulles remontant de mon maillot de bain pour venir chatouiller mon corps comme une rondelle de citron dans un verre de Perrier, et, enfin, le bruit du monde du silence qui n’en est pas un, le sourd et grave bourdonnement de la puissance liquide que je viens de pénétrer, et dans lequel je suis capable d’évoluer, mais en tant que petit invité très temporaire de par l’humanité de mes poumons, et sur laquelle je n’ai finalement aucune influence, sinon la capacité de produire quelques vaguelettes.

Eh bien même dans cette matière qui m’entoure et que je ne contrôle pas, je me sens plus libre que jamais. Les sensations que je viens de décrire plus haut sont en soi très banales. Mais j’ai eu l’impression que cela faisait une éternité que je ne les avais pas ressenties. La dernière fois, c’était sans doute à une époque où j’étais encore capable de les ressentir, alors que j’étais encore réceptif à mon environnement. A l’époque, je ne produisais rien, je n’écrivais rien, je ne composais rien ; je ne parlais pas aux filles, assez peu aux autres, rien dans ma vie n’était assez remarquable ou suffisamment distrayant pour me soustraire à l’observation du monde qui m’entourait. L’extérieur avait toute mon attention ; je connaissais par cœur les noms et prénoms de tous ceux dont je croisais la route, je retenais leurs moindres faits et gestes. Je ne savais pas grand-chose car je n’investiguais jamais, je ne poussais pas la curiosité au point de me renseigner activement ; cela aurait signifié exercer une influence sur le monde extérieur ; moi, je ne voulais pas qu’on me remarque avant d’avoir pu comprendre comment le monde fonctionnait, avant d’en connaître tous les rouages, de savoir ce qui se faisait, ce qui ne se faisait pas, ce qui marchait, ce qui conduisait à l’échec.

Vers 10 ans, j’ai eu envie de faire l’amour aux filles. Je ne savais pas exactement ce que ça voulait dire, mais je le voulais, et je ne pensais qu’à ça. Tout le reste n’était qu’outil ou entrave pour parvenir à mon objectif. Pour autant, je ne faisais rien pour parvenir à cet objectif. C’était trop d’inconnues. Il fallait d’abord que je sache exactement ce qui m’attendait, sans rien laisser au hasard. «Une fois que je vais l’inviter à danser, que va-t-il se passer ? Est-ce qu’elle va accepter alors que je ne lui ai jamais parlé ? Et si j’arrive à l’embrasser, que va-t-il se passer après ? On va devenir petits copains, mais après, qu’est-ce que ça implique ? Est-ce qu’on va devoir se voir en dehors du collège ? Je ne vois jamais personne en dehors du collège et en dehors de mon meilleur copain… Que va-t-il se passer alors ? Est-ce que ma mère me laissera sortir ? Et puis après, quand on voudra faire l’amour, on fera ça où ? Chez moi ? Mais comment faire pour être seul chez moi ? Et une fois que ce sera le cas, on sera officiellement très proches, est-ce que je ne me sentirai pas obligé de rester avec elle-même si je ne le veux pas ? Si on doit se marier, que va-t-il se passer après ? » etcetera.

J’avais trop peur de me planter pour faire quoi que ce soit. Du coup je suis resté en retrait ; tant que je n’étais pas sûr d’avoir tout calculé, absolument tout, je ne pouvais pas me permettre de bouger, de parler, de faire quoi que ce soit. Alors je suis resté tapis dans les buissons, à observer, pour décoder le fonctionnement de tout. J’étais ouvert et vide, je n’avais rien à dire et tout à entendre…

A 26 ans, c’est le contraire. Je ne consomme plus, je produis. Un Blog ? C’est quoi ça, c’est pas mal… Il faut que j’en fasse un. Une musique me plaît ? Il faut que je devienne compositeur. Un film vante les mérites de la rébellion ? Je pisse contre un mur.

Une chose m’arrive ? Je n’ai pas le temps d’en profiter, car je prends les choses en main avant. Je ne ressens rien, rien ne m’arrive puisque c’est moi qui suis aux commandes. Je maîtrise mon environnement. Et quand il m’est impossible de le faire, je décide que ce n’est pas intéressant.

Je ne craque jamais. Je suis aussi solide et insensible qu’une pierre. Je vis bien, je n’ai pas de problème, je ne déprime pas ; je ne suis ni heureux ni malheureux. J’en suis généralement content, jusqu’à ce que je croise la route de quelqu’un qui pleure ou crie de joie. Je suis d’un coup renvoyé à mon incapacité à ressentir quoi que ce soit, et donc à passer à côté d’une grosse partie de l’existence d’un homme. Et ça, mon esprit logique et insensible ne le supporte pas, puisque j’ai décidé il y a des années que la seule raison d’être satisfait au moment de sa mort, c’est d’avoir tout vécu. C’est là que la machine s’enraye.

Quand suis-je passé de l’inactivité hypersensible à l’hyperactivité insensible ? Le processus de conversion a sans doute commencé quand j’ai décidé de passer à l’action avec les filles. A 17 ans, après une campagne de « séduction » de six mois qui était en fait une période d’étude de ma proie avant une hypothétique approche, j’ai fait une partie de chatouilles avec elle. Je me suis retrouvé au-dessus d’elle, mes mains bloquant ses bras. Elle me suppliait avec ses yeux de l’embrasser. J’étais en total contrôle de la situation… De toute ma vie, je n’avais jamais autant maîtrisé les paramètres. Je savais qu’elle était célibataire, je savais comment ça allait se passer si on sortait ensemble, ce qu’on allait faire puisqu’on avait déjà des activités ensemble, je venais déjà chez elle… Je n’avais plus de raison de ne pas agir. Sauf qu’il restait une incertitude sur sa réaction. Une partie de moi continuait de stresser à l’idée qu’elle puisse me dire « mais pourquoi tu m’embrasses ? On n’est pas juste amis ? » 

Et puis j’ai pensé à mon frère, qui à 22 ans n’était toujours sorti avec personne. Que si ça se trouve, dans de pareilles situations, il a stressé comme moi, et il n’a du coup rien tenté. Je ne voulais pas rester encore cinq ans comme ça ! Alors pour la première fois de ma vie, j’ai accepté de prendre un risque…

Depuis, j’ai réalisé l’importance du risque et accepté l’idée d’en prendre. C’est ce qui m’a permis de basculer dans l’action… Mais… pas à n’importe quel risque : il doit être suffisamment limité pour que mon blindage préalable me permette de ne pas souffrir de l’échec possible.

Mon objectif est à la fois de ne pas souffrir et de vivre beaucoup de choses. Or, pour ne pas subir une souffrance, la meilleure solution est de prendre le problème à bras le corps, et d’agir. Alors je lutte tous les jours pour agir, alors que l’action a longtemps été exclue de mon fonctionnement. Mais j’agis quand même. Et comme je ne peux pas agir sans me blinder pour me protéger face à l’échec, je me blinde à chaque fois. A tel point que je suis maintenant un objet en acier trempé, enfermé dans une machine que j’ai moi-même construite.

Je me pensais définitivement condamné à polir cet acier. Et puis la vie a fait légèrement s’ébranler la machine. Elle m’a placé face à un choix d’action qui présentait un plus grand risque que celui auquel mon blindage me permet normalement de résister, sauf que cette fois, je ne pouvais pas reculer. Malgré les risques. Pourquoi ? Parce que le choix ne concernait pas que moi. Si je ne prenais pas le risque de souffrir aujourd’hui, j’allais souffrir demain et faire souffrir l’autre encore plus… Alors pour la première fois depuis bien longtemps, je me suis jeté à l’eau.

Dans cette eau, j’ai trouvé la promesse d’une liberté inédite ; celle de faire une infinité de choses, et pas juste celles qui n’étaient pas risquées. Ca fait un bien ! Je me sens capable de faire des choses dont je ne peux pas anticiper les conséquences, libre de souffrir, et donc, potentiellement, d’être heureux.

Tout à l’heure, je me suis jeté à l’eau pour de vrai, et le parallèle s’est présenté de lui-même.

La liberté, c’est de faire plouf.

Le bonheur, quant à lui, fait, entre autres, POC ! Indice : quand vous êtes assis, vous, les hommes, à une table en bois, et que passe devant vos yeux ébahis une jeune femme ayant vocation à provoquer chez vous un bouillonnement d’hormones, pour peu que la nature vous ait pourvu de centimètres et de vigueur… Ca peut faire POC.

En ce moment, ma vie est faite de POC et PLOUF, et c’est ce que je souhaite à tout le monde.

Posté par Slobodan à 10:25 - TEXTES INTERESSANTS - Commentaires [12] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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