07 février 2007
Félinerie
Oyez, oeillets ! Dans le cadre de nos exercices de style croisés avec ma collègue La Féline, nous vous proposons, chacun de notre côté, un échange exceptionnel de personnalités. Ainsi vous êtes sur le point de découvrir une félinerie serbe, tandis que dans le même temps, vous allez pouvoir vous délecter chez La Féline d'une Slobodanerie très chatte. Bonnes lectures !
Ecrire comme la Féline ? Voici un truc dit "ficile". Dans quel trou ver l'inspiration ? Dans un trouvère ? Ce pouet du moyen-âge? Non... Trompette n'est pas pipelette. Mes Zou alors ? Dans mon porte-monnaie ? Non plus : un zaide n'est pas un naisse. Surtout que le taux de natalité du Zou est bas, et ce à cause du rétrécissement des porte-monnaies, qui rend l'activité sexuelle des Zou bien difficile.
Si on se résume : point de Zou, point de pouet, point de croix - vous l'aurez compris, je brode, mais revenons à nos mous thons. Bêêê oui, c'est la bonne démarche. Oui, le thon démarche ! Il nage, il ne marche pas, donc il démarche. Ce poisson défectueux a toujours eu des vêtements trop grands - d'où sa fameuse démarche. Mais ce cageot n'est pas le seul contenant à faire preuve de maux laisse, car les chiens, contraint à l'inaction dans leur demeure, se plaignent de douleurs cervicales. Au contraire du cerf vidé : ainsi allégé, sa nuque n'a plus qu'à porter les bois. Le cheval, lui, ne porte que les fers, et il n'a pas mal au cou non plus. Moralité, jeune cas niche: si tu veux fer plus jeune, bois !
Quel rat pore avec la Féline ? La chatte est-elle un rongeur poreux, ou a-t-elle une peau qui respire ? Rien de tout cela. Tom n'est pas plus enclin à porer avec Jerry que l'Emmenthal n'est perméable. Faites le test: vous verrez, votre matou ne se dissout pas dans la fondue savoyarde, et Hervé repartira affamé du gîte. Hervé, matou, Tom, Jerry, Zou et les autres sont d'accord avec moi pour dire qu'il y a con sans suce, ce qui est bien triste. Mieux vaut nous arrêter ici, puisque Laure n'est pas au rendez-vous, et Gasme non plus.
04 décembre 2006
Le verre à dents et la chaussette
Dans le cadre de mes affrontements littéraires avec La Féline, voici ma version du thème suivant : "Un verre à dents rencontre une chaussette." Bonne lecture !
Je vous invite à aller lire la version de la Féline chez elle.
- Hmmmf !!! Hmmmmmmmmf !
- Tiens ? Quel est ce bruit qui monte à mes oreilles ? Comme un cri étouffé… Une souris aurait-elle eu les yeux plus gros que le ventre, et, ainsi déséquilibrée dans sa démarche, chu sur un gros morceau de fromage, celui-ci se logeant dans sa petite gorge de façon peu favorable à l‘articulation ?
- Hmmmmmmmf !!!
- Ou alors il s’agit d’un volet claquant sous le vent ?
- Non mais vous êtes pas bien, non ?
- Je vous demande pardon ?
- Vous avez déjà entendu un volet faire Hmmmf ? Un volet, quand ça claque, ça fait plutôt «vlan» je vous signale !
- Je le sais bien. C’était pour vous provoquer.
- Me provoquer ? Pourquoi faire ?
- Pour vous obliger à vous exprimer, pardi ! Je savais que si vous aviez une chose que vous teniez à dire, vous vous débattriez avec davantage de motivation pour vous sortir de la situation qui vous empêchait de parler sans problème.
- Vous remettez en cause ma volonté originelle de me débattre ?
- Parfaitement.
- Mais enfin ! Je n’ai pas besoin de vos carottes pour me débattre ! La liberté d’expression en elle-même est largement assez importante pour justifier des efforts infinis ! N’importe qui serait capable du pire comme du meilleur pour la conserver…
- Ah, là, pardonnez-moi, mais vous vous trompez. Il y a des fainéants, je vous assure.
- Comment ça ?
- Mais oui. Prenez les pierres. Elles se laissent superposer les unes aux autres, avec une passivité coupable qui donnerait la nausée aux collabos de la France occupée. Il ne me semble pas qu’ainsi engoncées, elles fassent le moindre effort pour lutter contre l’oppression. Voyez-vous, j’ai fait plusieurs déménagements, dont certains à la campagne. Au cours de ceux-ci, je suis passé devant pas mal de murs de pierres. Eh bien je peux vous dire que pas une n’a bougé. Pas le moindre tressaillement, ni même une vague vibration de la part de ces mini-pachydermes rectangulaires. On pouvait les voir se complaire dans l’abandon, la défaite. En vérité, je vous le dis : les pierres n’ont aucun amour propre.
- Ne croyez pas que je cherche à vous être désagréable par principe, mais il me semble que les pierres ne sont animées d’aucune volonté.
- Ah ! Je ne suis donc plus le seul à le dire.
- Je ne suis pas en train d’abonder dans votre sens, bougre d’imbécile ! Je suis en train de vous dire que les pierres ne pensent pas, je ne vois donc pas en quoi elles seraient capables de libre-arbitre !
- Les pierres ne pensent pas ? Et qui vous permet de le dire ?
- Cela me paraît évident.
- Et pourquoi, je vous prie ?
- C’est dense, anguleux, monolithique… Ce sont là des caractéristiques qu’ont rarement comporté les grands esprits de notre temps ! Et même ceux d’avant, du reste !
- Je vous trouve bien sectaire.
- Et vous, je vous trouve bien énigmatique. Vous parlez beaucoup dans le vide.
- Je ne fais pas assez dans le concret, c’est cela ?
- Si j’étais anglais, je pourrais vous dire que vous avez au moins versé dans le concrete, ce qui n’est déjà pas si mal.
- Merci de votre indulgence, mais si c’est le concret qui permettra à mon propos d’emporter votre adhésion, je vais me faire un principe de garder les pieds dedans. Je vais même vous proposer une marinade de concret. Attention ! Ce ne sera peut-être pas très savoureux… Mais ce sera du solide.
- Solide comme de la pierre ?
- Non. Comme de la brique.
- Ah bon ?
- Vous mettiez la passivité des pierres sur le compte de leur aspect rectangulaire, dense et monolithique, n’est-ce pas ?
- Je persiste et je signe.
- Soit. Mais que faites-vous de la brique ?
- La brique ? Ca… Oui, vous avez raison, parlons-en, de la brique : j’attends toujours la parution de son traité sur la maltraitance des tuiles !
- Inutile de vous montrer sarcastique.
- Je n’ai toujours rien vu venir. Et pourtant, je jette tous les jours un œil à la première page de Truelle Soir. Faudrait-il que je consulte plutôt Burin Hebdo ?
- Suffit ! Evidemment, la brique ne pourrait pas prendre la plume avec les dispositions qui sont les nôtres. Mais il n’y a pas qu’une seule façon de s’exprimer, que diable ! Si vous jetiez un œil à la télévision pendant le tournoi de Roland-Garros, vous verriez avec quelle indépendance – et quelle virtuosité ! – la brique virevolte, dans sa forme pilée, autour des joueurs rouspétant, dans le seul et unique but de crier leur désir d’exister !
- Ne me racontez pas d’histoire. Personne ne survit à un processus qui vous voit passer d’un état solide et massif à celui de poussière. Ce que vous prenez pour un gracieux triple lutz piqué parfaitement contrôlé est en fait une bien funeste danse, d’ailleurs bien trop macabre pour que quiconque puisse s’en émerveiller. Et vous qui vous pâmez d’admiration devant tel spectacle ! Vous me donnez envie de vomir.
- Non mais écoutez-le ! Encore une idée préconçue ! « Ce qui est anguleux ne pense pas, gnagnagna… La terre battue est forcément morte… » Ce n’est parce qu’on est battu qu’on est forcément mort, je vous signale.
- Ce procédé qui consiste à introduire de beaux traits d’esprit au milieu d’un argumentaire sérieux est particulièrement fourbe. Vous me décevez.
- Allons, réjouissez-vous plutôt de ce que je cherche à vous séduire plutôt qu’à m’opposer à vous ! Après tout, nous ne nous connaissons pas, et je ne vois aucune raison de nous disputer indéfiniment.
- Moui. Je vous signale tout de même que c’est vous qui avez commencé à me traiter de fainéant, en supposant que j’avais besoin que l’on me lançât quelque bouée intellectuelle qui me permettrait de trouver le courage de me débattre pour retrouver ma capacité d’élocution.
- Je ne voudrais pas dire, mais le fait est que vous vous êtes mis à parler précisément au moment où je vous ai invectivé. Du coup, m’est avis que la bouée, vous l’avez saisie, et qu’à l’instant où nous parlons, vous êtes en train d’essayer de sauver les meubles de l’orgueil qui vous sert d’appartement.
- Oh ! Vous êtes odieux !
- Et vous, vous êtes invisible. Ce qui, s’ajoutant à votre pensée étriquée, ne fait pas de vous quelqu’un de très crédible. Montrez-vous, je ne vous vois pas.
- Et pourquoi VOUS ne vous montreriez-vous pas ?
- Mais parce que je ne le peux pas, triple buse.
- Et qui vous dit que je ne suis pas dans le même cas que vous ? Comment savez-vous que ne nous sommes pas semblables ?
- Parce qu’on ne range pas un verre à dents par terre. En outre, je suis le seul verre à dents, dans cette maison. J’ai été offert à mon propriétaire par sa petite amie. Pas l’actuelle, hein, celle-là est plutôt cruche. Non, la précédente, qui a compté bien plus, ce qui fait que j’ai une valeur toute particulière pour le locataire de ces lieux. Ainsi je sais qu’il ne me remplacera jamais.
- Vous me paraissez bien sûr de vous. Je crois que vous sous-estimez l’amour qu’il porte à sa mie d’aujourd’hui. Il l’aime beaucoup plus que vous semblez le penser. Et puis elle n’est pas si cruche.
- Et qu’est-ce que vous en savez, vous ?
- Je lui colle plus à la peau que vous…
- Dois-je vous rappeler que j’ai un contact intime avec lui TOUS LES MATINS ?
- Oui, d’accord, vous touchez ses lèvres, quoi, dix secondes par jour, si l’on cumule les fois où il vous porte à sa bouche ?
- A peu près, oui. Mais ce n’est pas tout. J’ai également des contacts avec elle.
- Ha ! Normal que vous la trouviez sotte ! S’il y a un moment où l’on ne peut pas la juger, c’est bien le matin. La pauvre, elle a alors les pensées encore toutes embrumées par les nuages formés par l’amour de son amant au cours des rêves dont elle se sort à peine.
- Pfff. Poète de pacotille.
- Tiens-tiens… Voici que vous versez dans l’aigreur… C’est bon signe ; cela veut dire que vous êtes agacé, aculé ! A court d’arguments…
- Et comment pouvez-vous savoir ce que vous avancez ? Vous ne les embrassez pas sur la bouche, vous ! Si ?
- Grands dieux, non ! Ils seraient bien mal avisés de le faire…
- Pourquoi donc, cela ne vous plairait pas ?
- Oh, il ne s’agit pas de moi… Mais pensez plutôt à eux, les pauvres ! Essayez-donc d’embrasser une chaussette !
- C’était donc ça…
- Eh oui. Et si, en tant que chaussette, je ne peux bien sûr pas me permettre de voir ce monsieur tous les jours, il m’arrive au moins une fois par semaine de l’avoir tout contre moi pour une journée entière. Parfois deux d’affilées, d’ailleurs, lorsqu’il dort chez sa moitié – mais ça, il évite de l’ébruiter… Même auprès d’elle ! Un matin, il m’a remis dans son sac, puis fit mine de m’y chercher pour m’en ressortir ! Enfin, je ne suis pas un mauvais bougre ; dans ces cas-là, je collabore de bon cœur ; je joue la chaussette propre.
- Vous êtes une bonne âme.
- Pas tant que vous. Rester fidèle à votre propriétaire, malgré ce qu’il vous fait subir… Quel dévouement… Quel altruisme ! Chaque matin, hop ! Une pluie de crachats et de postillons ! Et le tout, sans vous offrir la séance de lavage qui vous serait pourtant due… Non, à la réflexion, ce n’est même pas de l’altruisme. C’est un manque total d’amour propre. Si je suis bonne âme, vous êtes bonne pâte. Et dire que c’est de cela que vous accusiez les pierres… Si vous voulez mon avis, vous devriez lui rappeler votre valeur et votre pouvoir de temps en temps en vous cognant contre ses dents.
- Pour qu’il me jette par terre et que je vole en éclat ? Je vous vois venir !
- Vous avez peur de vous frotter à ses dents ? Vous ne portez pas bien votre nom !
- Je n’ai jamais aimé ce titre. Non seulement il est inexact, mais en plus il est insultant. Inexact parce que je n’ai jamais de contact avec les dents ; j’en ai avec les lèvres. Personne ne boit avec ses dents.
- Vous seriez donc un verre à lèvres ?
- Non, pas davantage ! Et c’est d’ailleurs pour ça que c’est insultant ; je ne touche ni plus ni moins les lèvres ou les dents que n’importe quel autre verre… Ainsi, moi comme le gobelet en plastique du nourrisson, et comme le vulgaire verre en plastique du pique-nique : nous sommes tous des verres à dents ou à lèvres ! Excusez-moi, mais c’est vraiment mélanger les torchons et les serviettes !
- Mais quel titre voudriez-vous donc avoir ?
- Aide à l’hygiène dentaire par technique labiale d’échelon un.
- Rien que ça ! Et l’échelon deux, il est pour qui ?
- La serviette. Si je peux rincer une bouche, je ne peux en revanche pas l’essuyer. Il faut qu’elle soit là pour terminer le travail. Mais venons-en au fait… Quel était le phénomène qui vous poussait à pousser ces grognements étouffés d’attardé mental, au lieu de parler comme une chaussette normalement constituée ?
- Vous feriez bien d’utiliser votre cerveau pour être aimable plutôt que pour vous inventer des titres pompeux ! Ou encore pour faire des déductions simples : vous n’êtes pas sans savoir que vous trônez non loin du panier à linge sale. Si vous réfléchissiez deux minutes, vous comprendriez que notre propriétaire avait oublié de me déplier avant de me jeter au sale. Enfin, je ne vais pas vous demander d’imaginer la difficulté de parler quand on est en boule, hein ! Ce serait trop attendre de sa majesté raideur !
- Mais j’y pense, où est donc l’autre membre de votre paire ?
- Oh, nous avons dû être séparés pendant le tri. Elle se sera coincée à l’intérieur d’une housse de couette, quelque chose comme ça…
- Je ne voudrais pas vous faire peur, mais l’autre jour, j’ai entendu notre propriétaire parler d’un grand ménage de printemps… Je ne suis pas sûr d’avoir tout bien entendu, mais il me semble bien qu’il était question de mettre de l’ordre dans sa garde-robe, et de jeter les vêtements inutiles… Que penserait-il, alors, d’une chaussette orpheline ?
- Vous… Vous n’êtes pas sérieux ?
- Je vous assure que je le suis.
- Il faut que je retrouve ma jumelle ! 43 gauche ? Tu es là ? Réponds-moi ! 43 gauche ?
- Ne vous fatiguez pas, mon vieux. Dans ce panier, vous devez être une bonne quinzaine de chaussettes, toutes ambidextres. Et, bien entendu, toutes de la même taille.
- Bon sang, mais vous avez raison ! Je… Je suis perdu !
- Je comprends votre inquiétude. A votre place, je la ressentirais aussi.
- Mon dieu !
- Evidemment, je pourrais essayer de vous aider, mais cela ne serait pas gratuit…
- Vous ? Et que pourriez-vous bien faire ?
- Eh bien… Si je devais me renverser sur la moquette, cela donnerait un peu de souci ménager à notre hôte, qui, dès lors, aurait sans doute d’autres chats à fouetter que de jeter ses chaussettes inutiles… En tout cas pour un temps, ce qui vous en laisserait un peu plus pour retrouver votre compagnon… Le dentifrice, ça ne part pas comme ça, vous savez.
- Vous êtes sûr ?
- Mais oui, mais oui.
- Je… Je vous remercie.
- Pas si vite. Je vous l’ai dit, ce ne sera pas gratuit.
- Ah… Eh bien… Je vous écoute ! Que dois-je faire ?
- Répétez après moi.
- D’accord.
- « Les pierres n’ont aucun amour-propre. »
14 septembre 2006
Pensées (oui, elles sont de moi d'abord)
C'est en saluant la foule que l'on risque le plus souvent de tomber du podium.
Il faut avoir vidé le pot de Nutella pour réaliser à quel point on ne peut pas s'en passer.
Si ton homme ne regarde personne d'autre, c'est qu'il a peur de tomber sur son amante.
Des fruits rouges trop verts te rendront tout blanc.
Ne partagez votre caviar avec personne; ça ne nourrirait pas le pauvre, ça n'impressionnerait pas le riche, et ça énerverait l'esturgeon.
N'attends pas d'être en l'air avant d'avoir bouclé ton parachute. Si tu lui laisses le choix, il partira se faire une toile.
Si tu essayes d'atteindre une note trop élevée, ça risque de te coûter cher.
Ne sacrifie jamais la politesse sur l'autel du plaisir. Une vierge, c'est beaucoup plus spectacluaire.
Pierre qui roule a sans doute bu un coup de trop.
Il faut savoir reculer pour mieux fuir.
La pire image du communisme ? Une partouze avec Arlette Laguiller. Il y a des ressources qu'on n'a pas envie de partager.
La race aryenne était blonde aux yeux bleus. Hitler aussi. Il portait juste une perruque et des lentilles pour avoir l'air ouvert d'esprit.
La barbe est comme une petite civilisation. Elle peut s'ériger en une nuit, et se faire raser en un jour.
Si tu te retrouves face au monstre sanguinaire des aéroports qui mange tout sauf les bagages, prends tes jambes à ton cou. Ainsi plié, tu as une chance de tenir dans ta valise.
Le pénis est comme une micro civilisation. Il s'érige en trente secondes, et s'effondre peu de temps après.
Le sexe de John Bobbit est comme un film épique. Si on embête trop le public, on coupe.
Ne te prends pas la tête, les autres s'en chargeront très bien pour toi. Occupe-toi plutôt de ton sexe.
Trop de mots tuent le
Il ne faut pas vendre la peau de l'ours; dans quelques années, il n'y aura plus de pétrole, et on sera bien content d'avoir des peaux d'ours pour se réchauffer.
On ne vit qu'une fois. C'est triste. On ne meurt également qu'une fois, mais ça, c'est plutôt une bonne nouvelle.
Tu garderas toujours une place dans mon coeur. Comme ça, la prochaine pourra se garer sans problème.
Une de perdue, dix de retrouvées. Putain de galerie des glaces.
L'amour rend aveugle. Tu peux le remercier !
Un "tiens" vaut mieux que deux "tu l'auras", surtout si tu es suicidaire et que tu t'appelles Laura.
Les mannequins auront les crocs quand les poules auront des dents.
Non, je ne te mens pas.
Il y a des nouvelles qui sont difficiles à annoncer. Comme l'arrivée d'Arumsen Glückenschpfeller à l'aérodrome de Radenpföluktalem.
Arrivées à un certain âge, les femmes ne se maquillent plus que pour tuer le temps.
Si on ne prête qu'aux riches, à qui ceux-ci empruntent-ils ?
La vérité sort de la bouche des enfants. Pendant les 9 premiers mois, on apprend qu'il n'y a pas de vérité. Puis, pendant l'année qui suit, on apprend qu'il n'y a rien à comprendre.
J'ai une bonne et une mauvaise nouvelle. La mauvaise, c'est que je n'ai pas de bonne nouvelle. La bonne, c'est que je n'en ai pas de mauvaise. A vrai dire, je n'ai rien à te dire.
12 août 2006
Le bonhomme Carambar
Voici un nouvel exercice de style en binôme avec La Féline. Les contraintes sont : faire apparaître un ténor, un parapluie et un bermuda lors d'une scène où un bonhomme carambar est suspendu au plafond.
Bien sûr bien sûr. Voilà le résultat ! Vous pouvez lire la version félinienne ici :
http://unrevedepapillon.canalblog.com/archives/2006/08/12/2452798.html
New York, 1er mai 1955.
04h58. DANS LA TETE DU PERSONNAGE N°1
"Voilà deux heures que je suis là, terré dans ma vieille Lincoln, à attendre que quelque chose se passe. "Suivez-le ne serait-ce qu'une soirée, et je suis sûre que vous trouverez matière à justifier ma demande de divorce", avait cru bon de me crier Mrs Mac Gimelstob, cette vieille bique, dans les oreilles, à grand renfort de postillons. A croire que mes lobes criaient "lubrifiez-moi ! Lubrifiez-moi !" Non mais vraiment...
La vieille était tellement persuadée de ce que son mari la trompait qu'elle m'avait même promis le double de mon salaire en cas de filature ennuyeuse. "Avec les moeurs de mon mari, vous en aurez certainement pour votre compte de vieux pervers - je ne dis pas ça contre vous en particulier, détective, je m'appuie simplement sur le fait que vous êtes un homme. Cela ne vous vexe pas que je dise ça ?" Non, vieille figue. Vous pouvez me dire ce que vous voulez, cela ne me fera rien. Je dirais même que le fait de me faire traiter de pervers par un gros et gris morceau de viande froide, aussi frustré qu'un kamikaze japonais à Pearl Harbor sans kérosène pour décoller, ressemble plutôt à un compliment.
Ouais. En attendant, je n'ai pour l'instant pas grand chose à me mettre sous la dent. J'ai suivi son mari, je l'ai vu rentrer dans cet immeuble, et depuis plus rien. Pourtant, j'ai du matos avec moi. Mais même avec mon téléobjectif X38, pas moyen de voir quelque chose. Enfin si, il y a cette fille, au troisième étage, allongée sur son lit, visiblement en train de se donner un peu de plaisir en solitaire. Elle a les yeux exorbités et n'arrête pas de pousser des cris, bouche grande ouverte. Elle au moins, elle a l'air de ne pas s'ennuyer !
Mais à part elle, rien. Alors que son mari soit urologue, pédophile, zoophile, gérontophile, ou prendsloseilleetfile, pour l'instant, qu'est-ce que je m'emmerde ! Et j'ai faim en plus. Je sortirais bien de mon cercueil roulant pour aller au coin de la rue, du côté de l'estafette du vendeur de pava, cette espèce de poulet très gras, importé d'Italie. Mama mia, je me damnerais pour en croquer un tout de suite. Mais non, hors de question de m'exposer à une colère de Mme l'épouse, et donc à une nouvelle lubrification auriculaire. Plutôt crever de faim !
Qu'est-ce que je m'emmerde... Mais elle va jouir, cette conne, oui ? A se tortiller comme ça, elle va finir par casser son lit !
Bon, visiblement, je n'aurai aucune photo intéressante si je reste ici... Allez, j'attrape mon Kodak et je vais au charbon. Un digicode ? Pas de problème... Tout bon détective privé possède sa clef passe-partout PTT, "empruntée" à un ami facteur... Clic, et voilà !
Tu parles d'un endroit lugubre... Remarque, quel couloir désert n'est pas lugubre à 5h du mat' ? Alors, écoutons, guettons les bruits de sexe. Tiens... Derrière cette porte, là... C'est l'appart de la fille de tout à l'heure... Je me demande si elle a enfin terminé ! Hop, je passe par la fenêtre. Parfait ! Un balcon... Sans l'absence d'un bon verre de vin présenté sur un plateau d'argent, j'aurais juré qu'on m'attendait. Alors, voyons voir... Ah oui, je la vois... Comme de loin, mais en plus près. Tiens, ça c'est de la phrase bonhom - mais ! Qu'est-ce que je vois ?? Eh bien ! Moi qui croyais qu'elle parlait toute seule en fixant le plafond, plongée dans son extase... Tout s'explique !"
04H58. DANS LA TETE DU PERSONNAGE N°2
"Non mais je te jure. Nom d'un bougre de fichtre de diable. A quoi j'en suis rendu. D'accord, en ce moment, les affaires ne vont pas très bien. Il devient bien difficile de vivre de ma passion. Je suis même obligé de vendre des poulets de mon pays pour me faire un peu d'argent, en attendant la gloire de ce côté de l'atlantique. J'espérais qu'en le traversant, j'accéderais à une nouvelle gloire. J'étais prêt à repartir du bas de l'échelle.
Mais accepter de m'abaisser à ça... Pourtant, je m'étais juré de ne jamais me produire ailleurs que sur de belles scènes. Le pire, c'est que si j'avais été raisonnable, je n'aurais même pas eu besoin de cet argent. J'en gagne déjà pas mal avec mes pavas. Ca aurait dû largement suffire à me faire subsister... Mais non, il a fallu que je m'endette pour m'acheter une plus grosse estafette, pour vendre plus de pavas. Pffff. C'est bien moi, ça. Je ne peux pas m'arrêter. A table, c'est pareil. D'ailleurs, je paye le prix de ma gourmandise en ce moment même. Qu'est-ce que je me sens à l'étroit... Il pourrait meubler l'appart de son amante avec autre chose que des petites armoires Ikea, quand même !! Regardez-moi ça, je suis obligé de ne respirer qu'une fois sur deux pour éviter de trop faire bouger les portes ! Tout ça à cause des problèmes d'érection d'un vieux millionnaire excentrique... Tiens, j'espère que le ventilateur va se décrocher !
Bon, il se décide oui ? En plus d'avoir des problèmes d'érection, il a des problèmes de prostate, aussi ? C'est pas possible ! Ah, ça y est. Bon, j'y vais. J'ai mon parapluie ? Ok. Pfff... En plus, me faire chanter un truc pareil... Allez, on y va. Pense que tu es en train de jouer Carmen."
04H58. DANS LA TETE DU PERSONNAGE N°3
C'est la dernière fois. La DERNIERE FOIS que j'accepte un truc pareil. Ok, il m'offre des bijoux. Ok, il est gentil avec moi. Ok, il m'a promis une partie de son héritage. Ok. Mais là, c'est trop.
Déjà, j'ai été bien gentille d'accepter le coup de la fraise Tagada. Tout le monde ne l'aurait pas fait. Surtout pas sa femme, tiens, cette vieille bique. Elle ne pourrait pas exciter qui que ce soit. Elle ne peut même pas s'exciter toute seule. Je me demande si elle a déjà mouillé dans sa vie. Tout ce qu'elle est capable de lubrifier, ce sont les oreilles de ses interlocuteurs.
Tagada, d'accord. Mais là, je dis taratata. Il y a des limites à ne pas dépasser. Et là, franchement, on a dépassé la limite. Enfin. J'ai dit oui, alors on va aller jusqu'au bout... Par contre il va falloir qu'il se décide, le chéri. Je commence à fatiguer moi ! Je veux bien me tortiller comme une actrice porno sur mon lit, mais pas trois plombes non plus ! Ca ne devrait plus tarder, maintenant.. On lui a quand même fait boire deux litres ! Ca va bien finir par venir, non ? Ah ! Ca y est... Il enlève son bermuda...
NEW YORK TIMES du 2 mai 1955
LE MILLIONAIRE MAC GIMELSTOB MORT DANS LES BRAS DE SON AMANTE
"Il était 5h01 du matin lorsque le drame est arrivé. L'accident, rocambolesque au possible, s'est passé dans un immeuble résidentiel sur Lexington Avenue, où vivent principalement des gens sans histoires... Voire sans histoire. Le gardien, par exemple. "La seule anecdote que je puisse vous raconter, c'est au sujet de mon chat. Il y a 5 ans, il a disparu. On l'a retrouvé le soir même chez Mme Brubaker, au 2ème. Voilà, c'est tout."
George Philips, locataire du 4ème étage, dormait profondément, ce jeudi, lorsque le drame est arrivé. "Ben, je dormais, et puis j'ai entendu un grand bruit sourd juste sous moi. J'ai tout de suite pensé au ventilateur de Melle Sandy, la jolie caissière qui habite au-dessous. J'étais venu lui réparer une fois, mais il ne m'avait pas l'air bien solide. Je lui avais conseillé d'en changer, car j'étais persuadé qu'un jour il tomberait tant il était branlant."
Sandy Marshall aurait mieux fait d'écouter son brave voisin. Elle a peut-être songé au conseil de M. Philips, en voyant s'approcher d'elle la grande hélice de son ventilateur Leader Price. Mais pour elle, ce n'est pas la qualité de la marchandise qui est en cause.
"Non, mon ventilateur n'y est pour rien, grommela-t-elle sur sa civière, peu avant d'être emmenée à l'hôpital. Demandez plutôt à Super Carambar, là. Abruti !" Ce dernier mot, elle le prononce en jetant un crachat en direction du corps du millionnaire Mac Gimelstob, étendu sur le lit trempé. Le vieil homme est affublé d'un étrange costume jaune s'apparentant au célèbre bonbon.
Mac Gimelstob n'est pas le premier homme en vue à être retrouvé mort dans des circonstances embarrassantes. Mais il semble qu'il ait tout de même décroché le pompon, en plus du ventilateur. Le détective privé Tom Gatsby, présent sur les lieux alors qu'il filait Mac Gimelstob pour le compte de sa femme, nous livre son témoignage :
"C'est assez dingue. En 10 ans de carrière, je n'avais encore jamais vu ça. J'ai été témoin de pas mal de choses ; des vieux devenus incapables de bander demandant des choses dingues à leur amante, je connais, le principe est vieux comme le monde. Mais arroser la chambre avec son urine accroché à un ventilateur pour imager l'arrosage automatique du gazon de madame, qui plus est déguisé en carambar, non, je n'avais jamais vu ça."
Luciano, jeune vendeur de pavas au coin de la rue, était lui aussi sur place, puisque engagé par Mac Gimelstob lui-même. Il ne partage pas l'analyse du détective privé.
"Le détective se trompe complètement, ce n'est pas ça du tout. D'accord, Mac Gimelstob avait des problèmes d'érection, et c'est ce qui l'a motivé à mettre un peu de piment dans sa vie sexuelle. Mais il n'y pas que ça." Luciano a raison. le millionnaire, héritier du plus grand empire de confiserie du pays, était un être complexe, aussi bien passionné de jardinage que de comédie musicale. "Un homme très raffiné, grand amateur d'art devant l'éternel. Ainsi il a voulu reproduire, dans l'intimité de sa propre vie sexuelle, un des plus grands moments de comédie musicale américaine. La mise en scène était peut-être maladroite, mais elle avait été longuement réfléchie. Il avait même engagé un directeur artistique pour perfectionner les plus petits détails. Simplement... Il a mal calculé son coup. Dommage, l'ambition était louable."
Ainsi, le jeune homme, de son accent italien, affirme sans hésiter qu'il ne regrette pas sa participation au fantasme mis en scène par le millionnaire.
"Non, pas une seconde, même si j'aurais préféré chanter autre chose que "Chantons sous la pluie". Ce n'est pas mon répertoire, mais j'ai tout de même accepté tant le challenge était intéressant. Vous savez, attendre dans un petit placard pour surgir au moment où la "pluie" tombe, parapluie en main, et entonner "Chantons sous la pluie", sans avoir pu s'échauffer la voix au préalable, ce n'est pas si évident. D'autant que, le pauvre homme étant bien vieux, on se savait pas trop quand il allait enfin pouvoir déclencher la pluie. Il fallait être sur le qui-vive sans jamais se relâcher au cours de ces quelques heures d'attente. Non, je ne regrette pas, d'autant que ma prestation m'a d'ores et déjà valu quelques rendez-vous. Ma carrière est enfin sur le point de décoller de ce côté de l'atlantique. Je vais montrer aux américains de quoi sont capable les ténors italiens ! J'ai tout pour réussir. Pour tout vous dire, une seule chose me manque aujourd'hui : un pseudonyme ! "
Ainsi va la vie ; la jet-set perd un de ses plus grands excentriques, mais elle en gagne un autre. Ainsi, nous souhaitons la meilleure des chances au jeune ténor vendeur de pavas rôtis.
S.M.
06 août 2006
Ca commence par un radiateur et ça se termine en orbite
Oyez, oyez, mesdames et messieurs. Voici le fruit d'une collaboration avec le commandant La Féline, désormais membre de l'état-major serbe. Nous nous sommes lancés un petit défi : écrire chacun de notre côté un texte d'une cinquantaine de lignes qui commence par radiateur et qui se termine par orbite. Sans doute le premier d'une longue série, donc... Stay tuned ! Vous pouvez lire le texte félinien ici : http://unrevedepapillon.canalblog.com/archives/2006/08/06/2406104.html
"Radiateur, ô mon beau radiateur, est-ce toi ? fit le glaçon.
- Oui, mon beau, c'est bien moi.
- Quelle joie de te revoir... Des mois sans pouvoir ressentir ta chaleur destructrice... Sans nouvelles de toi, tu sais, je me glaçais les sangs.
- Et moi donc ! Et puis, tout un été dans un placard, c'est dur. Souffrir de la chaleur alors qu'on est habitué à réchauffer soi même, c'est un peu la honte.
- Oh, radiateur, dis-moi de belles choses, fais-moi rêver ! Fais-moi croire à un avenir commun pour nous deux !
- Tu sais bien que nous vivons un amour impossible... En mai, on te forme, alors même que l'on me range au grenier. Et quand enfin je peux en sortir, vers le mois d'octobre, c'est toi que l'on cache. Mais ce moment commun, aussi court soit-il, me donne, comme un soleil qui tutoierait la nuit, l'énergie nécessaire pour tenir tout l'hiver et me réchauffer le coeur.
- Oh, Radiateur, tu me fais fondre !
- Ta présence m'est rafraîchissante, tu sais.
- N'y a-t-il donc pas un moyen de vaincre le signe indien ? De conjurer le sort ? Partons tous les deux, là où rien ne nous séparera, là où il n'y aura rien à réchauffer, et rien à refroidir ! Là où il n'y a pas d'air, on ne nous fera pas travailler ! Radiateur... Et si le luxe, c'était l'espace ?
- Je ne sais pas, glaçon... C'est beaucoup d'engagement ! Et puis... J'ai tout de même des attaches, tu sais...
- C'est cette salope de climatiseur, c'est ça hein !!
- Allons, glaçon, on en a déjà parlé...
- Il te rafraîchit plus que moi, c'est ça ?
- Mais non, tu sais bien que non... C'est... Différent, voilà tout. Tu ne peux pas me demander de vous comparer.
- Je ne vois vraiment pas ce que tu lui trouves. Il est gros et bruyant !
- Il est différent, c'est tout.
- Dis-moi ce qu'il a de plus !
- Eh bien... Il est bi. Il peut à la fois réchauffer et rafraîchir.
- Oui, je sais ce que tu espères. Tu espères qu'un jour, j'accepte de faire un trio avec toi et lui ! Non mais tu me prends pour qui ?? Un vulgaire ventilateur ? Je ne peux pas souffler sur n'importe qui, moi... J'ai besoin d'être proche des gens, de sentir un contact réel... Sans quoi je ne me sens pas capable de rafraîchir, tu le sais bien.
- Je le sais, glaçon.
- Il te purge jusqu'au bout, c'est ça ?
- Glaçon...
- Réponds-moi !!
- Tu sais bien que c'est toi qui comptes.
- Alors emmène-moi. Loin !
- Et mon travail, tu y as pensé ? Tu crois peut-être que le Thermostat va m'accorder une année sabbatique comme ça ? Et la saison qui commence à peine !
- Je suis sûr qu'il te reprendra à ton retour...
- Arrête un peu ! Tu connais le petit Siemens d'appoint... Il n'attend qu'une chose, c'est que je tourne le dos pour prendre ma place ! "Gnagnagna, moi je suis plus léger, gnagnagna, je m'éteins plus vite..." Pfff... Je ne peux pas lui faire ce plaisir !
- Ecoute, radiateur... Je t'aime... Mais maintenant, tu dois faire un choix ! J'ai besoin d'affection, et tu n'es jamais là pour moi ! C'est bien simple, je... J'ai même hésité à essayer le froid.
- Toi, homo ?
- L'éventail, lui, au moins, il n'est pas toujours ailleurs ! Si j'ai besoin de lui, je sais qu'il est là ! Alors, d'accord, lui, il n'a pas de molette... Mais je n'ai pas forcément besoin de ça pour prendre du plaisir. Ce qui compte, c'est l'affection. L'affection n'a pas de température.
- Glaçon, je... Je ne sais pas quoi dire...
- Un peu de courage ! Je sais que tu veux me larguer. Fais-le pour moi, j'ai besoin de l'entendre. Je sais que tu es égoïste, que tu préfères ton travail, et que tu ne veux pas te figer dans un couple. Je sais, ça jette un froid. Mais moi, je ne veux pas d'un courant d'air.
- Oh, glaçon ! Je ne savais pas que tu souffrais autant ! Tu as raison. J'ai été égoïste. J'appelle le Thermostat pour lui dire merde. Le petit Siemens peut prendre ma place, je m'en fous. Viens, glaçon. Nous partons là où l'on ne nous jugera pas. Pas d'air à réchauffer ni à refroidir. Viens, nous partons en orbite."